Le capuchadou originel.Bien sûr, il y a des risques…
Il est une autre tradition qui veut que, lorsqu’on offre un couteau, la personne qui reçoit doit absolument donner en retour une pièce de monnaie. L’interprétation la plus courante serait qu’offrir l’objet tranchant coupe l’amitié ou l’amour à moins de l’ « échanger » contre une pièce de monnaie. On trouve aussi que le couteau, ou toute arme blanche, utilisée régulièrement ou porté souvent sur soi est un véritable objet de pouvoir. Le donner, c’est perdre le pouvoir qu’il représente, sauf si l’on reçoit une pièce de monnaie.
Jean-Michel Servet * part de la constatation qu’au Vietnam, une relation de don serait équivalente à une relation de dette sans fin : les individus sont dans l’obligation de « rendre aux autres » ce qui leur a été donné. Il arrive à la conclusion suivante : « La modernité monétaire a consisté, et c’est un long processus historique, à concevoir la monnaie comme quelque chose permettant de penser le paiement, non plus comme dans les systèmes de don contre don, comme une suite sans fin de dettes et de compensations, mais comme permettant de mettre un terme à un contrat en remplissant ses obligations. »
Mais il semble que d’autres caractéristiques soient liées à la transaction monétaire et singulièrement une suppression de la responsabilité. Notamment, dans le langage populaire : « J’ai payé pour… » ou « J’ai été payé pour » peut aussi signifier : je n’ai rien à voir avec ce qui se passe après la transaction, notamment dans le cas où ça tournerait mal.
L’armurier , qui a vendu une arme, a été « payé pour… » et l’ouvrier de la FN, qui a fabriqué le fusil mitrailleur, aussi…
De même, dans la relation individuelle, si celui qui reçoit le couteau se coupe du contexte initiatique qu’il a exprimé dans le poème et fait une connerie, le donateur peut se réfugier derrière l’idée qu’il a fourni l’arme blanche au cours d’une relation commerciale réglée en monnaie…
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* « Epargne et liens sociaux », de J. M. Servet, 1995, Collection Cahiers Finance, Ethique, Confiance, Caisse des dépôts et consignations, Paris.
« Exclusion et liens financiers », J. M. Servet et D. Vallat (eds), 1997, Paris : Edition Montchrestien.
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Il est une autre tradition qui veut que, lorsqu’on offre un couteau, la personne qui reçoit doit absolument donner en retour une pièce de monnaie. L’interprétation la plus courante serait qu’offrir l’objet tranchant coupe l’amitié ou l’amour à moins de l’ « échanger » contre une pièce de monnaie. On trouve aussi que le couteau, ou toute arme blanche, utilisée régulièrement ou porté souvent sur soi est un véritable objet de pouvoir. Le donner, c’est perdre le pouvoir qu’il représente, sauf si l’on reçoit une pièce de monnaie.
Jean-Michel Servet * part de la constatation qu’au Vietnam, une relation de don serait équivalente à une relation de dette sans fin : les individus sont dans l’obligation de « rendre aux autres » ce qui leur a été donné. Il arrive à la conclusion suivante : « La modernité monétaire a consisté, et c’est un long processus historique, à concevoir la monnaie comme quelque chose permettant de penser le paiement, non plus comme dans les systèmes de don contre don, comme une suite sans fin de dettes et de compensations, mais comme permettant de mettre un terme à un contrat en remplissant ses obligations. »
Mais il semble que d’autres caractéristiques soient liées à la transaction monétaire et singulièrement une suppression de la responsabilité. Notamment, dans le langage populaire : « J’ai payé pour… » ou « J’ai été payé pour » peut aussi signifier : je n’ai rien à voir avec ce qui se passe après la transaction, notamment dans le cas où ça tournerait mal.
L’armurier , qui a vendu une arme, a été « payé pour… » et l’ouvrier de la FN, qui a fabriqué le fusil mitrailleur, aussi…
De même, dans la relation individuelle, si celui qui reçoit le couteau se coupe du contexte initiatique qu’il a exprimé dans le poème et fait une connerie, le donateur peut se réfugier derrière l’idée qu’il a fourni l’arme blanche au cours d’une relation commerciale réglée en monnaie…
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* « Epargne et liens sociaux », de J. M. Servet, 1995, Collection Cahiers Finance, Ethique, Confiance, Caisse des dépôts et consignations, Paris.
« Exclusion et liens financiers », J. M. Servet et D. Vallat (eds), 1997, Paris : Edition Montchrestien.
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Bien sûr, il y a des risques…
Mais il s’avère que, depuis qu’il possédait ce couteau, il n’avait plus jamais tué personne. A moins qu’il faille, déjà tout simplement, attribuer cette chute d’activité à une baisse de vitalité liée à l’âge.
Mais il s’avère que, depuis qu’il possédait ce couteau, il n’avait plus jamais tué personne. A moins qu’il faille, déjà tout simplement, attribuer cette chute d’activité à une baisse de vitalité liée à l’âge.
