Arnold De Spiegeleer. (Echec, détail).
Mois de mai très généreux.
Je veux dire en soleil et chaleur.
Les gars bossent dans les cultures : peuvent pas normalement mais ont ôté jusqu'au Tshirt...
Peuvent pas. Mais le prof. a chaud aussi.
Puis la fin de l'année approche.
Un seul d'entre eux : 17 ans - athlétique - a gardé le haut.
Je m'approche, nonchalant et curieux : "Je te savais bon cavalier, mais pas si à cheval sur le règlement."
Il me regarde sans répondre ... lui pas si tacite d'habitude.
Un copain, derrière lui, me fait discrètement signe de laisser tomber.
Je m'éloigne, mais c'est lui qui me suit...
Il raconte : sortie de nuit entre copains.
Arrosée. A l'alcool, bien sûr. Mais peut-être autre chose.
Perte de conscience.
Se réveille le lendemain.
Découvre un tatouage sur l'homoplate.
L'horreur... Pas que ce soit laid mais c'est la symbolique qu'il abhorre...
Condamné à vie... à s'expliquer chaque fois qu'il se met torse nu ...
Certains rigolent avec un léger rictus de culpabilité.
Les autres non plus ne comprennent pas pourquoi il a si mal à cause de ça.
Moi, je n'ai rien à lui apprendre puisqu'il souffre d'une identification symbolique contrainte et indélébile.
J'espère qu'avec le temps il a trouvé une solution : chirurgie, lazer, un autre artiste qui a rectifié...
A moins que, depuis, comme beaucoup, il ait "grandi" dans sa tête.
Et qu'il s'en foute...